Figures of Fascism and Antifascist Solidarities
Journées d'étude
Au lendemain de la récente mondialisation fasciste, les acteur·ices culturel·les, les militant·es et les activistes issu·es d’un large spectre de luttes de libération organisées et informelles reconnaissent leurs luttes respectives comme une cause commune. L’antifascisme réapparaît comme un horizon commun qui perce le tumulte quotidien de nos différences et souligne la nécessité d’une solidarité ainsi que d’une large alliance avec celles et ceux qui sont la cible et les victimes de la montée de l’extrême droite.
Il n’est pas si illogique de constater le lien entre les politiques anti-immigration et les violences policières racistes d’une part, et les coupes budgétaires dans les arts, les sciences humaines, l’enseignement artistique, les médias indépendants, la recherche scientifique fondamentale ou la pensée critique d’autre part. Ou de relier la machine de guerre impériale et l’impunité des génocides aux manières dont la solidarité, voire la compassion, sont criminalisées. Et ce, alors que la richesse des milliardaires augmente de manière exponentielle grâce à une exploitation coloniale continue et à la destruction de vies et de territoires.
La solidarité naît de la base et du sentiment d’appartenance : dans la manière dont les collectifs façonnent le monde, partagent les connaissances et la richesse, répartissent les risques et écoutent les vies les uns des autres. C’est ainsi qu’ils s’opposent à la fragmentation individualiste. Comment pouvons-nous aujourd'hui mieux nous rendre utiles les un.es aux autres et mieux nous utiliser les une.es les autres afin de nous rendre inutilisables pour le fascisme?
Pour la deuxième partie de ce programme, nous nous réunirons à P.A.R.T.S., en compagnie des étudiant·es et collaborateur·ices de cet établissement. Cette école de danse contemporaine est un hôte tout indiqué pour explorer les collaborations entre les corps. Le programme de trois jours, composé de spectacles, de films, de conférences et de débats, comprend : La Candidate, par des femmes sans papiers issues d’organisations politiques bruxelloises (avec Anna Rispoli et d'autres allié·e·s), les chercheur·euses et militant·es Valeria Graziano et Tomislav Medak de Pirate Care, l’artiste Dora García, l’écrivaine et militante queer Sarah Schulman, ainsi qu’un panel de militant·es issu·es de deux générations.
Figures of Fascism and Antifascist Solidarities est un programme public du projet de recherche Choreographing Fascism (KhIO Oslo) dirigé par Bojana Cvejić et ses collaborateur·ices.
Image: Still from The Deviant Majority, Dora García, Academia della Follia (Trieste), 2010.
Dans la lignée de ce programme, du 24 au 26 septembre, le festival Feral poursuivra l'exploration de l'art et de la « pirate (care) » comme tactiques face à la montée des oppressions, à travers des conférences, des rencontres artistiques, des ateliers, des balades et de plaisir. Alors, quels sont nos leviers pour mutiner ? Programme complet sur cifas.be.